Le Cercle Mozart reçoit le sénateur Henri Cabanel

Comment nos représentants politiques peuvent-ils renouer la confiance avec les Français ? Vaste question à laquelle Henri Cabanel a répondu lors du repas mensuel du Cercle Mozart le 28 mars au Terminal#1 à Montpellier


Le sénateur de l'Hérault était en effet l'invité d'honneur de notre dernier repas mensuel, le 28 mars au Terminal#1. Viticulteur et fils d'une famille de viticulteurs installée à Servian, il avait la lourde tâche de défendre le travail de ses pairs, et par-delà le système institutionnel français. "Les paysans ne se mettent en général pas trop en avant", avant de démarrer son intervention par ce qu'il connaît le mieux : l'agriculture et la viticulture. Il rappelle alors ces polémiques qui secouent la société autour de l'utilisation des produits phytosanitaires, de la consommation de vin, de l'usage de la ressource en eau...  Les réseaux sociaux s'acharnent sur ces questions, accusent le monde paysan. Ce qui le désole. Le viticulteur est, de ce fait, satisfait d'être entré au Sénat. "Avec mon arrivée, cette haute assemblée a enfin compris un viticulteur en activité."  Il admet que le Sénat n'est pas très représentatif de la société. Il est, de ce fait, satisfait que Macron ait "fondé sa campagne sur la nécessité d'intégrer la société civile dans les assemblées" : "C'est une bonne chose."  
Depuis, du reste, les Gilets Jaunes sont passés par là. Comment redonner confiance dans les gouvernants ? Henri Cabanel a ses solutions. Oh ! Elles ne sont pas révolutionnaires : "C'est grâce à la démocratie qu'on critique aujourd'hui que j'ai pu en arriver là." Sur le sujet, il est intarissable. Car en 2017, il a présidé au Sénat une mission intitulée "Démocratie représentative, participative et paritaire : comment décider avec efficacité et légitimité en France ?" Ce rapport a débouché sur dix propositions, dont une a été reprise, se félicite-t-il, par Gérard Larcher pour la soumettre à la Réforme constitutionnelle en chantier. Dans ce cadre, certains pensent d'ailleurs que le Sénat serait dans le viseur.
Henri Cabanel défend alors son institution, mais pas que la sienne : "L'Assemblée nationale et le Sénat réunis représentent près de 850 M€, soit 0,02 % du budget de l'État. En supprimant des postes de parlementaire, on économiserait finalement peu d'argent." Henri Cabanel explique ensuite la méthode qu'il a mise en place dans le cadre de son travail de sénateur. Il se concentre évidemment sur la ruralité, la viticulture et le vin. Il dit entendre la colère des citoyens, lui voit une première raison : des réformes engagées sans explication comme la limitation de la vitesse à 80 km/h. Il suggère de faire les ménages dans l'armature législative française, en éliminant "les lois qui ne servent à rien". Le malaise des maires l'inquiète : "quelle démocratie de proximité souhaitons-nous ?"  Il préconise alors la formation à l'entrée du mandat municipal, l'obligation d'un casier vierge. Cela étant dir, il reproche aux partis d'être devenus "des machines électorales" : "Les partis doivent appartenir à leurs adhérents." Il voit là l'un des motifs de la rupture avec eux. Il propose la reconnaissance du vote blanc et veut "une France où les débats supplantent les ego", "où les petits arrangements entre amis disparaitraient au profit d'une prime de travail, aux bonnes pratiques, à l'intérêt général". Henri Cabanel veut faire bouger les lignes et il conclut son intervention par une citation de Martin Luther King : "Si on m'annonçait la fin du monde, je planterai un pommier."  Lui va dans ses vignes.