Pour son rendez-vous mensuel « Petit Dèj Mozart », le Cercle Mozart recevait Frédéric Cabarrou, nouveau directeur départemental de la Banque de France pour l’Hérault. Un échange dense et pédagogique, au cœur des réalités économiques locales, des équilibres monétaires européens et des fragilités sociales qui traversent le territoire.
Nous remercions nos partenaires de rendre ce format possible et attractif : André Deljarry, Mohamed Afennich de la CCI Hérault, ainsi que Grégory Blanvillain de la CPME34.
À 61 ans, Frédéric Cabarrou connaît bien l’Hérault. Déjà en poste à Montpellier entre 2006 et 2012, il revient après huit années passées à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques. Ce double regard territorial a structuré son intervention : comparer pour mieux comprendre.
Un territoire attractif, mais sous tension sociale
L’Hérault figure parmi les départements les plus attractifs de France, aux côtés de la Haute-Garonne, de la Gironde et de la Loire-Atlantique. Il est également l’un de ceux qui créent le plus d’emplois. Pourtant, cette dynamique masque une réalité plus contrastée.
Avec une population deux fois plus importante que celle des Pyrénées-Atlantiques sur un territoire plus restreint, une forte concentration littorale et une croissance démographique soutenue, le département peine à créer suffisamment d’emplois au regard de l’afflux de nouveaux habitants.
Le taux de pauvreté atteint 19 %, et près de 2 600 dossiers de surendettement ont été traités en 2025 dans l’Hérault. Le tissu économique demeure majoritairement orienté vers les services à la personne, avec une base industrielle plus faible que dans d’autres territoires comparables.
À l’inverse, les Pyrénées-Atlantiques bénéficient d’une forte assise industrielle, notamment dans l’aéronautique et la chimie, avec la présence de groupes comme Safran ou Dassault Aviation, et présentent une fragilité sociale nettement moindre.
Les missions structurantes de la Banque de France
Surendettement et éducation financière
La gestion du surendettement des particuliers, mission confiée à la Banque de France depuis les années 1990, concerne cinq départements en Occitanie. Les fragilités sociales de certains territoires, notamment les Pyrénées-Orientales - département au taux de chômage le plus élevé de France - accentuent la pression sur ces dispositifs.
En parallèle, l’institution développe une politique active d’éducation financière via les plateformes
« Mes questions d’argent » et « Mes questions d’entrepreneurs », afin de renforcer la culture économique des ménages et des dirigeants.
Une conjoncture plus solide qu’il n’y paraît
Sur le plan macroéconomique, le diagnostic présenté se veut nuancé mais rassurant.
L’accès au crédit ne constitue pas un frein majeur en France. Les taux d’intérêt des entreprises, autour de 3 %, figurent parmi les plus bas d’Europe. Le taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) s’établit à 2 %, après avoir dépassé 4 %, sans perspective de retour aux taux zéro.
La production de crédit immobilier repart fortement : 148 milliards d’euros en 2025, contre 113 milliards au point bas de 2024. L’inflation européenne converge vers l’objectif des 2 %, et la croissance française, estimée à 0,9 % en 2026, demeure légèrement en dessous de son potentiel mais témoigne d’une réelle résilience.
L’économie française, malgré un climat psychologique pessimiste, tient. Le taux d’épargne des ménages atteint 18 à 19 %, un niveau historiquement élevé, supérieur à celui de l’Allemagne et nettement au-dessus des standards des pays du Sud ou des États-Unis.
Montpellier : croissance urbaine et défis structurels
Le regard porté sur Montpellier met en évidence une transformation urbaine importante, marquée par le développement des mobilités - notamment la ligne 5 du tramway - et par des enjeux majeurs en matière de logement et d’aménagement.
L’économie locale demeure largement résidentielle, avec un taux d’exportation relativement faible et une base productive limitée. Le défi des prochaines années réside dans la consolidation d’un tissu économique plus créateur de valeur, capable d’accompagner la croissance démographique.
Confiance et coopération : conditions de la résilience
Au-delà des chiffres, un fil rouge a traversé cet échange : la confiance. Confiance dans les institutions monétaires, dans les acteurs économiques, dans la capacité collective à anticiper plutôt qu’à subir.
Dans un environnement international incertain - notamment en matière de taux de change euro-dollar - et dans un contexte national marqué par une défiance accrue envers la sphère politique, la solidité des réseaux locaux, le dialogue entre acteurs économiques et le travail coordonné des experts-comptables, des tribunaux et des institutions financières apparaissent déterminants.
Ce « Petit Dèj Mozart » aura ainsi permis d’éclairer les enjeux d’un territoire dynamique mais fragile, et de rappeler que la stabilité économique repose autant sur des fondamentaux monétaires solides que sur une mobilisation collective lucide et précoce face aux signaux faibles.
Nous remercions tous nos participants, ainsi que les membres de la Commission Prospectives qui rendent ce rendez-vous mensuel riche d'informations possible.
L’actualité politique et économique de votre territoire vous intéresse ?
Suivez le Cercle Mozart pour ne manquer aucune rencontre à venir !
Suivez-nous sur Facebook, X, LinkedIn et Instagram pour connaitre les rendez-vous des Cercles Mozart d'Aix-en-Provence, Nîmes, Montpellier, Sète, Béziers et Rodez.
Newsletter
Si vous souhaitez être tenu informé de l'actualité du Cercle Mozart, inscrivez-vous à notre Newsletter en utilisant le formulaire ci-dessous.

