Quel avenir pour l’Hérault ?

29/11/2021

Hugues Moutouh devant son public

Quel avenir pour l’Hérault ?

Ce jeudi 18 novembre, le Cercle Mozart avait l’honneur de recevoir le préfet de l’Hérault, Hugues Moutouh, pour une conférence éclairante sur sa fonction ainsi que sur les actualités du département. Le préfet se réjouissait également de poser sa pierre à l’édifice de l’association, à laquelle il a apporté un soutien indéfectible depuis ses débuts. « Le Cercle Mozart est un organe incontournable de la région », commence-t-il, sollicité à la fois par « Pôle emploi, par les Collectivités, par les sportifs », et même plus largement « par l’État ».

Le parcours atypique de Hugues Moutouh lui permet de porter un regard innovant sur le devenir du département. Retour sur cette cession éclairante de questions/réponses au Domaine des Grands Chais à Mauguio.

Hugues Moutouh faisant son discours d'introduction

La fonction de préfet, indispensable au rayonnement régional

Avec la digitalisation du monde et un accès de plus en plus facile à l’information et aux actualités, le mode de gouvernance a beaucoup changé depuis le Général de Gaulle, rappelle le préfet de l’Hérault. Les administrés ont la possibilité de garder un œil alerte sur les actions de leurs élus, ce qui cause parfois des difficultés pour ces derniers à trouver un équilibre entre cohérence avec leurs idéaux – qui les ont fait élire -, et recherche de l’adhésion des citoyens.

L’essence de ce rôle n’a pas changé depuis Bonaparte : il s’agit d’assurer le repos des administrés, sans se cantonner à un rôle purement représentatif. Hugues Moutouh cherche à adopter la posture la plus active possible, à « gouverner pleinement », spécifiquement face aux crises que le pays traverse depuis plusieurs années et dans lesquelles les citoyens cherchent refuge auprès de l’État. Notre élu nous le rappelle, « les préfets, ce sont les visages de l’État ».

Le public de la conférence tenu par Hugues Moutouh

La place des énergies dans l’Hérault

L’une des questions qui préoccupent grandement Hugues Moutouh est celle de l’énergie dans le département de l’Hérault. Source de questionnements, de débats, de polémiques, mais surtout de survie et de confort, elle est aujourd’hui centrale lorsque le débat concerne la décentralisation. Bien connaître les dessous des choix effectués et avoir une bonne connaissance de sa région se révèlent alors indispensable.

Le nucléaire

Si à un niveau national, 67% de l’électricité provient de l’énergie nucléaire (dépourvue de carbone et quatre fois moins productrice de gaz à effet de serre que l’énergie solaire ou que le charbon par exemple). La biomasse constitue la première source d’énergie dans la région (40%), devant les éoliennes (24%), l’hydroélectricité et l’énergie solaire, qui est moins présente mais prend de plus en plus de place.

Les éoliennes off-shore, avenir de la région

Avec le récent scandale autour du projet de construction d’un parc éolien en Crète, région paradisiaque dont la nature sauvage risque d’en être gâchée, la question de la préservation de sites naturels se pose. Hugues Moutouh se positionne contre ce type de constructions. Et si la Crète présente l’inconvénient de n’être pas reliée par câble sous-marin à la Grèce continentale, ce n’est pas le cas de l’Hérault.

Le préfet préconise donc la construction des éoliennes off-shore, qui présentent l’avantage de ne pas altérer le sublime paysage terrestre de la région. Un projet de construction va bientôt voir le jour à Saint-Nazaire, avec 80 éoliennes dans l’eau, étalées sur 75km2 de surface. Il permettra d’alimenter 400 000 foyers en électricité. Si la population reste en partie défiante à l’égard de ce projet, et les avis scientifiques mitigés sur l’impact possible sur l’environnement, il rencontre néanmoins le soutien du préfet.

Un mix énergétique pour aller vers une neutralité carbone

Mais les éoliennes ne peuvent être la seule solution à l’alimentation en électricité des foyers de la région, et Hugues Moutouh préconise avant tout un mix énergétique qui présentera plusieurs avantages :

  • Atteindre une neutralité carbone d’ici à 2025: cette dernière ne pouvant voir le jour que par le biais du nucléaire.
  • L’allègement des factures des industriels de 25% : ce que permet également le nucléaire.
  • La préservation des sites naturels de la région : les éoliennes off-shore y contribueraient.
Intervention d'André Deljarry, président de la CCI de l'Hérault
Intervention d'André Deljarry, président de la CCI de l'Hérault

Démographie et urbanisation

La préservation des sites naturels de l’Hérault soulève d’ailleurs d’autres questions, comme celle de l’urbanisation excessive qui rencontre une appréhension de la part de la population régionale.

Pression démographique

Chaque année en France, 25 000 hectares de territoire sont artificialisés pour répondre aux besoins de la croissance démographique du pays, mais certaines régions, comme celle de l’Hérault, rencontrent plus de difficultés que d’autres : la présence d’un littoral et de territoires inondables ainsi que de nombreuses forêts accroît le risque d’inondations et d’incendies. La construction sur le littoral étant impossible, comment loger les nouveaux arrivants ?

Risques de l’urbanisation

La question reste complexe, explique Hugues Moutouh : « les textes sont trop éloignés des réalités locales ». Il s’agit d’une discussion qui rencontre des problèmes contradictoires et dont la réponse requiert souvent de privilégier une problématique à l’autre. La pression démographique d’une part, et la difficulté à construire de l’autre font que le préfet reste sceptique face à la possibilité de réduire de 50% l’urbanisation du territoire d’ici 2030.

S’il faut y tendre, il s’agit davantage d’une source de motivation que d’un objectif réaliste. Des solutions plus pragmatiques doivent donc voir le jour afin de permettre l’équilibre entre les logements et la gestion de la croissance démographique. Cette dernière, outre la question du logement, doit par ailleurs mener à faire de Montpellier une ville rayonnante d’un point de vue économique. À quels défis répondre ?

Hugues Moutouh devant son public

Rayonnement économique : une affaire de transports ?

Une région reliée à la capitale

La décentralisation des activités de l’État repose sur de nombreux projets et actions concrètes, mais d’après Hugues Moutouh, elle repose en grande partie sur l’amélioration des transports. La métropole de Montpellier est bien moins reliée à la capitale que d’autres villes comme Lyon ou Marseille où les trajets en train permettent de faire l’aller-retour en une journée, ce qui accroît le potentiel économique de ces villes. Le développement du réseau aérien et du trafic depuis et vers l’aéroport de Montpellier participerait également à tendre vers l’idéal d’une Silicon Valley montpelliéraine, en facilitant les échanges avec Paris.

Jean-Marc Maillot, Emmanuel Brehmer et Hugues Moutouh
Jean-Marc MAILLOT – Président du Cercle Mozart / Emmanuel BREHMER – Président du Directoire de la SA Aéroport Montpellier Méditerranée / Hugues MOUTOUH – Préfet de l’Hérault

Le port de Sète

Enfin, l’Hérault accueille en son sein une fierté régionale, le deuxième plus grand port français en Méditerranée. Pour Hugues Moutouh, le rôle de l’État doit à ce jour consister à prendre les atouts de chacun de ces territoires et les aider à gagner en ampleur, davantage que d’investir de manière équitable sur chacun des territoires sans prendre en compte leurs spécificités. En ce sens, le Port de Sète mérite pour notre préfet de faire l’objet d’une « priorisation nationale ».

De belles avancées en perspectives pour un département et une région en pleine croissance.

Jean-Marc Maillot Président Cercle Mozart
Le Cercle Mozart et le Préfet Hugues Moutouh
De gauche à droite : Lamine GHARBI, Michel FROMONT, Hugues MOUTOUH, Bernard SERROU, Hélène MANDROUX, Jean-Pierre SERROU, André BONNARY, Jean-Marc MAILLOT et Romain GEOFFROY

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